Pourquoi des zones bas débit ?

Clavier_EscargotIl existe environ 350 000 lignes téléphoniques en Vendée. En 2015, Vendée Numérique a recensé plus de 43 000 lignes bas débit sur l'ensemble du département, soit 12% des foyers vendéens. Comment expliquer ce phénomène qui pénalise aujourd'hui l'accès à un internet performant pour de nombreux abonnés ?

L'histoire des réseaux télécoms pour première explication...

Quand les premiers réseaux télécoms ont été conçus après-guerre, avec un développement massif entre les années 60 et 70, un seul usage a été demandé aux ingénieurs télécoms de l'époque : construire un réseau stable, relativement facile à déployer et permettant de transporter la voix entre deux téléphones. La solution technologique retenue a alors été la suivante : créer un central téléphonique dans une ville importante puis relier l'ensemble des abonnés (particuliers et professionnels) grâce à un câble de cuivre qui s'étend, au maximum, sur 8 à 12 kilomètres autour de cet équipement. Pendant 40 ans, jusqu'au début des années 2000, cette technologie a parfaitement fonctionné, reliant par la voix et la magie d'un câble de cuivre de quelques millimètres des milliards de personnes à travers le monde.


...puis une modification de l'usage !

Au début des années 2000, Ies abonnements à Internet se multiplient et les usages deviennent de plus en plus importants : images, musiques, vidéos, fichiers professionnels, réseaux sociaux... toutes ces données circulent aussi désormais sur le réseau téléphonique et exigent d'avoir des débits toujours plus importants. Au fil des années, un problème majeur vient perturber la circulation de ces flux de données pour de nombreux abonnés. La technologie cuivre développée depuis les années 60 transporte très bien la voix sur une dizaine de kilomètres mais n'est pas aussi performante pour les flux de données internet, ce qu'on appelle la « data » : à partir d'une distance de 3 à 4 kilomètres après le central téléphonique, il est constaté un affaiblissement conséquent du débit, privant ainsi de nombreux abonnés d'un abonnement internet performant et fiable. On parle alors de zones bas débit pour les secteurs dont les lignes ne dépassent pas les 2 Mb en réception.


La fracture numérique au cœur des réflexions des collectivités

Depuis les années 2010, la fracture numérique ne fait donc que s'accentuer en France en lien avec l'histoire du développement des réseaux télécoms. Les abonnés qui ont la chance de se situer à proximité d'un central téléphonique reçoivent un débit internet correct tandis que d'autres, plus éloignés, disposent d'une connexion bas débit... Cette situation est particulièrement aggravée en zones rurales où les opérateurs privés ne développent pas, faute de rentabilité suffisante, de programme de déploiement de réseaux de fibre optique, distribuant des accès Très Haut Débit de nouvelle génération.

Depuis 2014, le Département de la Vendée, via Vendée Numérique, a donc conçu des programmes de montées en débit et de déploiement de la fibre optique, permettant de réduire à court et moyen terme les fractures numériques sur l'ensemble du territoire départemental.